Il est si grand. A côté de lui je suis toute petite. Petite feuille tremblante qui se blottit sur son épaule. Il a cette allure reconnaissable entre mille,du mec qui y met tout son coeur lorsqu'il sert quelqu'un contre lui. Il doit se demander pourquoi je tremble. Je lui dis que j'ai froid, peu importe qu'il fasse 40 degrés, je n'oserais jamais lui dire à quel point son regard me chamboule jusque dans le creux de mon ventre. Là où il fait si chaud. Là où je lui donne si chaud.Bien sûr si on m'avait dit que je l'aimerais un jour de toute mes forces j'aurais répondu « l'aimer, lui ? Tu rigoles ! ». Bien sûr, j'ai ri la première fois qu'il m'a embrassée. Bien sûr c'était « juste comme ça ». Comment une âme écorchée vive aurait-elle pu aimer ce type un peu bizarre, atterrit sur la Terre en même temps que la pluie ? Je n'aurais jamais juré qu'il puisse si bien apprivoiser ma nature imbécile. Et puis il y a eu ce déclic, ce besoin violent de l'aimer, de faire de lui le cadeau que la vie m'a apportée. De lui faire perdre l'équilibre par la force de ma passion.
J'aurais bien voulu être une de ces filles
Qui ne craint ni la pluie ni le froid.
Qui ne pleure jamais et
Qui s'en va sans regrets.
A m'être étouffée, seule, à côté de tous et lui parmis eux.
A l'avoir cru exceptionnel,
A lui avoir tout pardonné,
A lui avoir vendu mon coeur, mon corps, et mon âme contre quelques mots qui étaient trop beaux pour être vrais,
A lui avoir offert ce que j'avais de plus cher,
A m'être salie à ses pieds,
A m'être trainée derrière lui,
A être allée jusqu'à me dégouter d'aimer si fort, de le vouloir si fort.
A m'être déchiré les entrailles pour supporter le trop peu d'amour qu'il me rendait,
A ne pas avoir respiré pendant si longtemps, en attendant qu'il me regarde , rien qu'un peu,
A avoir cru que je n'étais pas assez bien... pas assez bien pour un coeur de pierre.
Qu'on ne vienne pas me dire que je comprendrai quand j'aimerai plus fort.
C'est insupportable.
Etrange envie de repartir à zéro. De redécouvrir le monde. De ne plus rien savoir... Même si j'en sais encore peu. Un jour j'irais ailleur... Sans autre bagage que ma peau et mon âme. Des souvenirs, je commence déjà à en avoir trop et ça pèse.. c'est lourd à trainer parfois et ça empêche d'avancer. Il faut peut-être ça pour comprendre que notre vie n'est pas figé, que rien n'est prétracé..
Mais ce n'est pas toi qui me manque en fait. Il me manque celui que je fuis. Je voudrais fuire ce que je connais, fuire ce qui nous appartient, fuire ce que j'aime. Je voudrais m'en aller vers un endroit, mais dieu que c'est dur d'avoir dix neuf an. Toute seule. Et j'ai mal à la tête et à l'univers entier. Et putain que c'est bon d'aller vite ...
.Tu ne comprends pas reellement le sens de ces phrases? Il y a des choses qui font qu'en un instant de nouveaux sentiments apparaissent, et nous éclaire sur ce qui avait été confût, sur ce qu'on avait vu sans jamais vraiment regarder. Comme ces personnes que l'on croise pendant des années avant de comprendre que l'on est fait pour les connaitre.
Mais voilà j'ai envie de m'évader... et plus seulement moralement.
Ou peut-être que j'ai envie de quelque chose, ou plutôt quelqu'un, qui me ferait rester, là. Dans ce petit monde que j'ai toujours connu. Avec ces souvenirs, ces gens que j'aime...
Et tout le reste.
J'ai envie de revenir 4 mois en arrière et prendre conscience du bonheur que j'ai avant que tout se gâte.
Avant de ne plus avoir de pouvoir sur ton coeur.
On devrait pouvoir revenir en arrière... Mais ce serait tellement facile.
Je ne suis pas d'accord avec cette fin. Et pourtant je n'ai pas le choix.....